lundi 5 juin 2017

Du Bataclan, Paris au Manchester-Arena, et London bridge…

Du Bataclan, Paris au Manchester-Arena, et London bridge…
Des familles, une nation sont endeuillées une fois de plus par un attentat dans une foule et revendiqué par DAESCH. Cette fois vingt deux jeunes et enfants sont tués et  beaucoup sont blessés.
Une onde de violence destructrice inassouvie est en œuvre. Elle va et vient à la recherche de sa proie.
 Elle s’en prend aux plus faibles et aux innocents d’une société civile. Société haïe à un point que disent ces horreurs, ces cadavres de jeunes et d’enfants à Manchester (1). Elle s’en prend d’abord aux jeunes tueurs qui se radicalisent d’une façon fulgurante. Au point d’aimer la mort violente qu’ils veulent donner comme une nécessité, une addiction morbide. Ces jeunes là sont ceux de chez nous, éduqués et nés sur notre sol.
Le chaos moyen oriental déborde. Il veut imprégner nos enfants. Il veut culpabiliser un occident surarmé et en doute. Violent lui-même à bien des égards lors de bombardements aux « effets collatéraux ». S’il était possible de construire la paix en désarmant deux camps bien distincts, j’ai l’impression que cela ne suffirait pas, comme après la seconde guerre mondiale pour construire l’Europe de la paix. Cette guerre nouvelle est une guerre mondiale par petits morceaux (Pape François).
En effet, il semble que ce mal-ci est d’une autre nature. Plus profond, échappant aux analyses militaro-politiques.  Il s’en prend à ses coreligionnaires comme aux autres. En associant le nom de Dieu, il blasphème Dieu qu’il prétend servir, sans compassion aucune, ni rationalité.  Détruire et asservir est sa seule loi.
La haine se sert des sentiments profonds d’injustice, de l’aveuglement de l’intelligence devenue endoctrinable, du malaise profond de l’identité de certains individus qui ne savent pas ce que l’altérité veut dire. Dit plus simplement, les tueurs ne voient pas l’autre dans sa différence, ne peuvent accepter une réalité sociale qu’ils finissent pas haïr, parvenant même à transcender ce sentiment.
Ces « ondes » destructrices et irrationnelles ont traversé notre histoire récente comme le génocide des tutsi au Rwanda ou celui des arméniens en Turquie. Non que cela soit la même chose, Dieu merci, mais une haine aveugle et insaisissable en est le dénominateur commun : les voisins et les proches se sont tués.
Le parallèle peut paraître choquant car l’ampleur de ces génocides est autre. Mais il me semble que la violence inassouvie cherche des proies au travers les failles d’une société et des psychologies et, surtout, dans les faiblesses des ressorts profonds de l’être que sont les capacités de croire et de voir l’Autre véritable. Ce tout Autre, source de toute vie, est le grand absent des sociétés occidentales qui sont en grande partie construites sur son image. Les réactions fortes après les attentats montrent que les enfants de nos sociétés sont nourris de ce terreau duquel poussent les droits de l’homme et le respect de l’individu. Elles montrent qu’ils restent généreux et ouverts à la matrice qui les a fait naître. Capacité de ressembler au Dieu d’Amour et de Miséricorde.
Mais nos sociétés sont un corps aux pieds d’argile. Elles sont aveuglées par une certaine modernité, hantée par l’idéal du loisir et une idée erronée de la liberté axée sur la satisfaction individuelle. Une faiblesse induite par l’obsession de soi qui empêche de voir l’autre et donc érode l’altérité. Ce n’est pas parce que je communique avec le monde entier depuis ma chambre, au travers mon écran, que je sais vivre et entrer en relation avec mes frères humains. Cette idolâtrie d’une toute puissance individuelle crée cet aveuglement. Elle est le lit de cette langueur profonde.
La perte de contact avec Celui qui est source de la vie, le tout Autre qui nous montre la beauté des êtres, rend aveugle. Le monde paraît ainsi tout à coup hostile et incompréhensible. Il fait peur. C’est sur ce terrain que l’onde violente progresse.
L’Esprit de Dieu est venu pour un discernement. Le mal est vaincu. Il ne peut progresser que sur l’ignorance de cette vérité. Il n’a de cesse que de masquer cette réalité selon laquelle il est vaincu. Il a besoin de nos failles pour agir dans le noir. Il craint le grand jour. Il craint les êtres qui savent et s’aiment et se respectent, qui croient en l’autre : dès lors il est immédiatement évacué. Mais en attendant, malin qu’il est, il se nourrit des blessures et des failles pour instiller le doute et éloigner de la source de tout bien.  
Nous sommes comptables pour le monde de cette Espérance. En témoigner est le meilleur hommage à faire pour les victimes et la meilleure consolation pour leurs familles, qu’elles soient par ici ou au moyen-orient et ailleurs.

+Edouard DUCAMPS


(1)     et depuis en Egypte et à Kaboul

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