mercredi 4 avril 2012

Atelier de la Parole

Atelier de la Parole du 24 mars 2012

Merci à Pierre Moracchini, qui nous a éclairé sur

"La Date de la dernière Cène"

La chronologie de la Passion

En comparant les quatre récits de la Passion que nous proposent les Évangiles, on note deux chronologies différentes pour les moments décisifs que sont la Cène, l’arrestation de Jésus, son procès, sa mort et sa mise au tombeau – avant le matin de Pâques. Si l’on suit les Évangiles synoptiques : Jésus partage le repas de la Pâque juive avec ses disciples (le jeudi soir), il est condamné et crucifié le lendemain matin, jour de la Pâque juive, et il meurt le vendredi après-midi à 15 heures, peu avant le début du shabbat. Si l’on suit saint Jean : Jésus célèbre la Cène avec ses disciples le jeudi soir, mais il ne s’agit pas du repas de la Pâque juive, car la Pâque juive ne commence que le vendredi soir. Arrêté le jeudi soir, Jésus est condamné et crucifié le vendredi matin (nous sommes toujours avant la Pâque juive), et il meurt sur la Croix au moment même où les agneaux sont sacrifiés au Temple. Pourquoi une telle différence de calendrier ? Chacun d’eux a ses inconvénients. Pour les synoptiques : comment expliquer que Jésus ait pu être jugé et condamné pendant la principale fête juive ? Dans le cas de Jean, celui-ci n’a-t-il pas « trafiqué » le calendrier pour faire coïncider la mort de Jésus et le sacrifice des agneaux ? Et puis, dans ce cas, la Cène n’est plus le repas pascal des juifs. Dans son Jésus de Nazareth (2e volume, à partir de la page 130), Joseph Ratzinger examine longuement toutes les hypothèses possibles, y compris en évoquant une tentative pour concilier les deux chronologies que l’on doit à une exégète française (une femme, c’est assez rare pour être souligné), Annie Jaubert. Finalement, il faut faire un choix entre les deux chronologies : Pour J. Ratzinger, Jean est probablement le plus proche de la vérité historique. Mais alors qu’en est-il de ce repas pris avec les disciples le jeudi soir ? Réponse de J. Ratzinger : « Jésus était conscient de sa mort imminente. Il savait qu’il n’aurait pas pu manger la Pâque. Dans cette claire conscience, il invita ses disciples à une dernière Cène de caractère très particulier, une Cène qui n’appartenait à aucun rite juif déterminé, mais qui était ses adieux, dans lesquels il donnait quelque chose de nouveau, il se donnait lui-même comme le véritable Agneau, instituant ainsi sa Pâque ».

Pour conclure : n’est-ce pas perdre son temps que de se battre sur ce genre de questions ? Non, si l’on tient à l’Incarnation. L’Incarnation, cela signifie Dieu qui entre dans l’histoire... et donc dans une chronologie. Notre Dieu fait homme a partagé avec ses disciples un repas un jeudi soir, sans doute le 13 du mois de nisan, il est mort un vendredi, le 14 nisan, et il a reposé au tombeau le 15 nisan. Le Dieu fait homme, c’est le Jésus de l’histoire.


nous vous donnons rendez-vous autour de Marie,

le samedi 12 mai 2012,

à 17h30 au presbytère.

3 commentaires:

  1. N'ya t-il pas un petit problème ? Dans les 2 cas, vous parlez d'un repas le jeudi soir...Or, pour Jean, on pourrait dire qu'il s'agit du mercredi soir et pour Mme FAUBERT du mardi soir...
    Il n'empêche que nous continuons à privilégier le jeudi soir...

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    1. Pierre Moracchini12 avr. 2012 à 11:02:00

      Dans la tradition des synoptiques comme dans celle de Jean, la situation du repas puis de la crucifixion par rapport au sabbat ne change pas. Donc, le repas est bien le jeudi soir et la mort de Jésus le vendredi après-midi.
      Ce qui change, c'est la date de la Pâque juive. Pour les synoptiques, la Pâque est le vendredi, pour saint Jean, le samedi. Ce qui fait que le statut du repas pris par Jésus et ses disciples change: dans le premier cas, c'est le repas de la Pâque juive, dans le second, un "nouveau repas"...
      Quant à l'hypothèse d'A. Jaubert, elle suppose que Jésus et ses disciples suivent un autre calendrier que les juifs de Jérusalem...
      Suis-je assez clair maintenant?
      Mais le mieux, c'est encore de se raporter au livre de J. Ratzinger...

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  2. Il y a un pb pour mettre un commentaire, il faut être reconnu et je n'y arrive pas...Roséléna

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