Avec les enfants prenons le chemin vers Noel

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samedi 4 janvier 2014

Autour de l'Epiphanie



Déjà l’Epiphanie ! Il ne reste plus qu’à baptiser « le fils qui nous est donné » pour en finir, pour qu’on n’en parle plus, pour qu’on retourne à l’ordinaire (au temps ordinaire).
Alors que la période liturgique appelée « Temps de Noël » va s’achever bientôt, le dimanche prochain nous offre l’occasion de célébrer l’Epiphanie du Seigneur.

Pour nous plonger dans la merveille de cette fête, il faudrait peut-être rappeler le "bon vieux temps" des rapports entre Dieu et l’homme selon l’ancien testament. Dans le jardin d’Eden, Dieu chaque soir venait causer avec l’homme (cf Gn. 3,8). Puis intervint le malin. Et tout s’embrouilla. L’homme se mit à fuir Dieu qui finalement l’éloigna et posta des anges à l’entrée du jardin pour l’empêcher de revenir (Gn 3, 23-24). Un fossé s’était creusé et désormais ce face-à-face avec Dieu deviendra d’abord une terreur (Juges 6, 22-23) puis le privilège de quelques-uns. Et quand il arrive que Yahvé se montre, la tradition biblique parle de « théophanie », manifestation de Dieu. C’est d’ailleurs un autre nom de la fête de l’Epiphanie  (chez lez chrétiens d’Orient).

L’Epiphanie est ainsi pour les chrétiens la fête de la manifestation du Messie juif (Jésus) aux nations païennes à travers les rois mages. Il faut peut-être creuser un peu cet évènement d’allure légendaire pour en saisir la portée pour notre foi.
Rappelons que au cours de son cheminement avec le peuple d’Israël, Yahvé avait pris le soin de glisser des évènements qui signifiaient clairement que non seulement il n’était pas la propriété privée d’Israël, mais aussi qu’il était en cheminement avec les autres peuples de la terre par des chemins propres à lui. En plus des nombreuses prophéties qui font de Sion un pôle d’attraction pour toutes les nations, un exemple éloquent en fut la bénédiction proférée sur le peuple par Balaam, un devin païen (Nombres 23, 1-10).
Mais le vif débat provoqué par l’entrée de l’apôtre Pierre dans la maison du soldat romain (cf Ac 11) nous montre bien que malgré l’exemple vivant d’ouverture et d’offre de Yahvé à tous que Jésus a été, ses disciples juifs avaient gardé bien au frais leur mentalité protectionniste. Yahvé serait exclusivement pour le peuple juif, et le Christ de même.
L’évènement célébré à l’épiphanie révèle tout le contraire. Et pour cause. A des centaines de kilomètres du territoire juif, l’étoile du Messie est apparue à des chercheurs de Dieu, des savants du grand Orient païen. L’avènement du Sauveur est annoncé à des gens qui "en principe" ne l’attendaient pas. Et les faits vont à l’encontre du principe. Comment ont-ils reconnu l’étoile s’ils n’attendaient rien ? Pourquoi se seraient-ils mis en route pour « se prosterner devant lui » s’il ne correspondait à rien dans leur aspiration ?
On pourrait bien être tenté de comparer leur démarche à celle d’une certaine reine de Saba venue autrefois goûter à la sagesse de Salomon (1R 10, 1-13). Mais il faut bien accorder tout son poids au verbe "se prosterner" ainsi qu’à la symbolique des cadeaux offerts où figure l’encens, utilisé habituellement pour le culte.
L’Epiphanie vient donc ouvrir et offrir l’Emmanuel à toutes les nations, à toutes les cultures, à toutes les recherches d’absolu et de Dieu. Dieu fait donc éclater les frontières juives qui pourraient enfermer et embrigader le Christ.
C’est vraiment avec cette manifestation du Prince de la paix à des non-juifs que nous pouvons chanter Jésus comme « le Sauveur que le monde attend ».

Pour coller avec "La joie de l’évangile" du pape François, on dirait bien que l’épiphanie, c’est la sortie de Dieu vers les périphéries de notre humanité. Une sortie qui nous doit provoquer.
Ce mystère est grand, dirait saint Paul, lui qui a sué sang et eau pour que la foi chrétienne aille au-delà des frontières du peuple élu. Et le mystère, c’est que, "dans le Christ Jésus, ceux qui alors étaient loin de Dieu (les païens) sont associés au même héritage que les élus par le moyen de l’Evangile" (cf. Ephésiens 3, 6)
A quoi pourrions-nous donc nous laisser provoquer ? Il faudrait déjà nous rendre compte que le paganisme est en pleine mondialisation autant qu’en sérieuse modernisation. Au point où on pourrait même parler de néo-paganisme. Tant de recherches et de soifs de Dieu ont pris des masques variés et des expressions extérieures agressivement diversifiées. Comme chrétiens, nous ne sommes pas à l’abri du complexe de l’élue qui non seulement se prend pour le centre du monde mais surtout voudrait jalousement garder son prince charmant pour elle toute seule. 

En faisant de la place dans nos crèches pour les trois personnages qui représentent les rois mages, faisons un peu de place dans nos cœurs pour la lumière de Dieu par le moyen de l’Evangile
Que cette lumière humblement reçue nous transforme en phares pour guider et éclairer l’obscurité des vies sans-Dieu ou contre-Dieu ainsi que les ténèbres des existences humaines vidées de joie.
Debout, peuple de Dieu, resplendis !
Et que Dieu remplisse pour nous cette année nouvelle des lumières de paix, de joie et de Bonheur profond ! 
Abbé Léon EDAYE

2 commentaires:

  1. Prière des rois mages devant la crèche...

    Qui es-Tu, Roi d’humilité,

    Roi sans palais, roi sans armée ?

    Nous sommes venus T’adorer

    des bouts du monde

    Nous ne savons pas bien comment

    Un signe vu en Orient

    A conduit nos pas

    au levant de ta lumière.

    Que feras-tu de cet argent,

    de ces bijoux, de notre encens ?

    Nous les avions pris

    En pensant à nos manières…

    Regarde donc autour de Toi

    Dans les richesses qui sont là,

    Les nations qui ne savent pas

    Que Tu les aimes.

    Marie pourra Te raconter

    qu’avec nous, après les bergers

    Tout l’univers s’est rassemblé

    Sous ton étoile.

    Petit roi juif et Roi du Ciel,

    Notre grand Roi, l’Emmanuel,

    Nous traversons ton Israël

    Pour en renaître !

    (Hymne pour les Premières Vêpres de l’Epiphanie)

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  2. Très joyeuse messe de l'Epiphanie animée avec ferveur et foi par la Chorale du soleil
    meme si nous ne connaissions pas les chants nous étions en communion les uns avec les autres pour acclamer et chanter Notre Sauveur.
    Merci à la chorale du soleil de nous avoir donné un peu du soleil qui nous manque dehors !

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