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dimanche 29 mars 2015

Méditation en lisant la Passion du Christ selon Saint Marc


     ...  Jésus est l’acteur principal de la Passion. Cependant, arrêtons de faire de la pensée magique, en disant qu’il a souffert plus que tout le monde. Des victimes, des femmes, des hommes et des enfants qui ont été torturés et tués injustement, il y en a plein dans l’histoire du monde. Par ailleurs, ce que l’histoire théologique de Jésus nous apprend, c’est que sa passion, ses souffrances et sa mort, nous font prendre conscience, qu’à travers Jésus, Dieu a voulu se solidariser avec nous, avec nos passions, nos souffrances et nos morts. Jésus, souffrant sa passion, représente toutes celles et tous ceux qui, dans notre humanité, sont crucifiés d’une manière ou d’une autre, par le mal, l’épreuve, la maladie, la faiblesse, la brutalité, la solitude et l’injustice. Toutes celles et tous ceux qui sont victimes de trahison, d’abandon, de calomnie ou de jugement inique, de torture physique ou morale… Tous ceux-là peuvent se reconnaître en Jésus Christ : « Avec le Christ, dit saint Paul, je suis un crucifié » (Ga 2,19). Ce qui veut dire que le Christ est proche de nous sur nos chemins de croix. Nos luttes sont à l’image de son combat contre le mal et l’injustice. Et c’est pourquoi, il nous faut aller jusqu’au bout, sans compromission, si nous voulons lui ressembler. Il nous faut toute une vie pour y arriver; vaut mieux commencer dès maintenant. En attendant, on peut aussi nous situer par rapport aux autres acteurs du drame, présentés par saint Marc …

Ces autres acteurs du drame, il nous est difficile de les regarder de loin, comme si nous n’avions rien de commun avec eux : un des derniers repas de Jésus se prend chez Simon le lépreux, donc un exclu… et, au cours du repas, une femme, sans nom, vient embaumer Jésus avant sa mort; elle vient parfumer la tête de celui qui sera couronné d’épines (Mc 14,3). Cette femme est critiquée sévèrement pour une question d’argent (Mc 14,4-5). Jésus dit pourtant : « Partout dans le monde, on racontera, en souvenir d’elle, ce qu’elle vient de faire » (Mc 14,9). Tous les exclus d’aujourd’hui, de la société et de notre Église, peuvent se reconnaître dans Simon le lépreux ou dans cette femme sans nom qui ont une place de choix dans le cœur du Christ de Pâques. Ils sont les choyés de Dieu. Il ne faut surtout pas oublier cela…

Et les autres maintenant : Judas nous rappelle nos trahisons en amitié, en amour, avec une parole donnée. Pierre nous renvoie à nos reniements et à nos abandons, alors que nous nous croyons meilleurs que les autres. Les disciples endormis, puis en fuite, ne sont-ils pas le reflet de nos assoupissements et de nos manques de courage quand il s’agit de nous mouiller, de témoigner? Pilate n’évoque-t-il pas nos propres lâchetés devant Dieu et devant les hommes quand nos intérêts personnels passent avant la justice et la vérité? Par contre, d’autres acteurs de la Passion ont fait preuve de courage et de foi : Simon de Cyrène, qui a porté la croix aux côtés du Seigneur; il incarne nos accompagnements fraternels de ceux qui souffrent ou qui sont exclus. Ce jeune homme vêtu d’un drap, c’est sans doute Marc lui-même qui, comme Alfred Hitchcock, entre dans son récit pour lui donner plus de crédibilité; c’est ce même jeune homme qu’on retrouve au matin de Pâques, assis sur le tombeau, cette fois, vêtu d’une robe blanche, le vêtement de la Résurrection. Ce jeune homme, c’est Jésus lui-même, dévêtu, pour exprimer la mort, mais c’est aussi le Christ vêtu de blanc pour exprimer la Résurrection. Ce jeune homme représente aussi tous les chrétiens qui acceptent d’être dévêtus, c’est-à-dire dépossédés d’eux-mêmes, de leur propre vie, pour revêtir le Christ ressuscité. Le Centurion romain qui rend hommage au Crucifié, nous le rejoignons, lorsque nous témoignons de notre espérance chrétienne. On pourrait continuer avec tous les personnages du récit… Dans lesquels nous reconnaissons-nous?

La Passion du Christ se poursuit encore aujourd’hui, sous nos yeux, en même temps que sa Résurrection… Quel rôle jouons-nous? On peut avoir l’impression que nos chemins de croix s’éternisent… C’est vrai! Mais n’oublions pas qu’ils débouchent nécessairement sur le soleil du matin de Pâques; sinon, nos croix sont inutiles et nos chemins ne nous conduisent nulle part… Bonne Semaine Sainte!
Une partie de cette méditation a été partagée lors de la messe des RAMEAUX à Blesmes par l'abbé Pierre RIME.



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