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mercredi 21 février 2018

Laïcité : le discours et la réalité


La réalité que je connais en tant que prêtre, citoyen, curé de paroisse, aumônier de prison, acteur de l’accueil de migrants, aumônier des prostituées, familier des gens de la rue et occasionnel  voyageur sous d’autres cieux, celle que vivent les chrétiens engagés dans la paroisse ne correspond pas aux discours.

Notre paroisse accueille environ 40 000 passages de personnes par an dans l’église de Château-Thierry, nous accueillons des festivals et des concerts, nous sommes le lieu « social » de la plus part des enterrements ; les familles y viennent pour vivre un temps essentiel de leur vie, y pleurer et chercher consolation, par ailleurs, nombre de familles y présentent leurs enfants au baptême et viennent encore s’y marier pour  un engagement fort Il est à noter que l’ église ne dispose pas d’une toilette ni d’un accès pour handicapés approprié. De fait, nous sommes un lieu hautement social.

Lorsque nous posons des signes publics d’expression de nos valeurs chrétiennes  et de notre foi (crèche vivantes, procession des rameaux) nous sommes applaudis par le public et encouragés par les autorités dans le cadre de l’application de la loi de 1905.

Ainsi, je me demande parfois pourquoi, lors des vœux municipaux de début d’année, tous les corps constitués, la moindre association, sont salués mais l’église et les religions ne sont pas mentionnées.
Nous vivons dans une culture dont les codes sont essentiellement chrétiens. Je vis au quotidien une relation forte avec beaucoup de monde en tant qu’homme d’Eglise. Or, officiellement je n’existe pas. Sur ma déclaration d’impôts ou toute autre démarche administrative, ma catégorie professionnelle n’existe pas !

Tout cela, semble-t-il, est un déni de la dimension religieuse de la culture.. Dit autrement, ne pas considérer les religions comme constitutives de la réalité de la vie des gens est artificiel ou «un prêt à penser »réducteur. Notre société fabrique-elle des déracinés dans leur propre culture ? C’est certainement le creuset d’une dévitalisation qui conduit à la désespérance. Les jeunes en sont les premiers concernés. De cela nous sommes des témoins quotidiens. Il est mensonger de prétendre que tout peut être résolu, acheté, créé par une invention permanente et orgueilleuse et donc épuisante, et que les loisirs comblent la vie.
D’aucuns vont jusqu’à dire que le fruit est mûr pour se laisser prendre par n’importe quelle propagande, surtout si elle semble ferme et  donner du sens comme l’Islam radical ou n’importe quel gourou zélé. La soumission serait indolore car le sens commun est endormi, la mémoire éteinte, Dieu absent.

Nos sociétés ont été construites sur le modèle chrétien de « Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance et homme et femme il les fit à son image et à sa ressemblance »(livre de la Genèse) Tout vient de là. Là est la source du droit, de la liberté, de la justesse et de l’humilité nécessaire pour penser. A partir de là, l’accueil d’autres cultures et d’autres religions est plus assuré et mieux vécu. Plusieurs générations ont pris pouvoir sur Dieu pour se faire dieux à la place de Dieu. Dieu est mort disent-ils. Mon orgueil peut enfin donner libre cours à ses excès. Le surhomme est né. La pensée unique s’impose car l’individu est dompté.

Face à cela, Jésus trouvera-t-il la foi quand il reviendra. Trouvera –t-il  des enfants de Dieu vivant la véritable liberté ?

+ Edouard DUCAMPS, curé

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