Incendie à Notre Dame de Paris

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samedi 24 décembre 2011

NUIT DE NOEL ... nuit de la réconciliation


En cette nuit unique pour le monde, il faut penser à tout ce qui se passe souvent à travers le monde. En France où je suis depuis bientôt 5 ans et au Bénin où je suis né, j’ai remarqué qu’à chaque nuit de Noël, se vivent les drames de l’excès dans l’abondance côtoyant le manque et le dénuement total, les accidents, les joies de retrouvailles en famille de façon spéciale, la solitude et les grandes liesses de célébration eucharistique ou traditionnelle. Mais le symbolisme de cette nuit réside dans son caractère sacré et saint. Dans beaucoup de traditions religieuses, on attend la tombée de la nuit pour s’unir  ou se réconcilier à la nature, aux divinités. C’est le moment privilégié des sacrifices, le temps de l’échange des dons et de l’ouverture à l’accueil du don pour la vie.

La nuit de Noël, pour les chrétiens, est la nuit de la naissance de Jésus, Lumière du monde (1). Il ne s’agit pas de la fête d’une naissance quelconque dans un « cycle des existences » (2) mais d’une seule et unique naissance de « Dieu fait Homme afin que l’Homme devienne Dieu ». Cette naissance a transformé l’humanité. Car celui qui est né, réconcilie en lui l’Homme et Dieu. 
Les prophètes l’ont annoncé, l’ange Gabriel l’a confirmé à la Vierge Marie (Lc.1, 26) avant sa conception. A sa naissance dans une grotte, les anges et les bergers ont chanté « Gloire à Dieu au plus haut des cieux » et ont ainsi invité l’humanité à venir reconnaître en Lui son Dieu et son Sauveur. Les premiers à l’honorer de leur visite étaient les bergers, c’est-à-dire des gens simples, ceux qui veillent sur la vie des autres. C’est un évènement unique dans toutes les religions et traditions du monde. Je pense à cette nuit sainte comme la nuit du passage : passage de l’obscurité à la lumière, passage de la soif des grandeurs à la simplicité. Cette nuit inaugure en fait celle de la résurrection, le passage à libération. Saint Paul dit « Si le Christ n’est pas ressuscité vaine est notre foi » (1 Co15, 17). Je pense qu’on peut affirmer sans se tromper en cette nuit  que si le Verbe ne s’est pas fait chair, absurde serait l’humanité car elle ne serait pas  capable de se réconcilier avec Dieu.
En cette nuit, deux prières  chantées ou récitées doivent mieux résonner dans notre cœur : « Le Verbe s’est fait chair et Il a demeuré parmi nous » et « Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait Homme » (3). Elles nous rappellent l’adoration de Joseph et Marie dans le silence derrière l’Enfant-Jésus et l’adoration des bergers et des anges au son des trompettes et des djembés.
En cette nuit solennelle de « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux Hommes qu’il aime », c’est-à-dire, la nuit de la réconciliation du « Dieu, très haut dans les cieux» et de « l’Homme, aimé sur terre », chacun est invité à espérer que sa petite nuit opaque, la nuit dans sa propre famille, cèdera place un jour à la lumière. Aussi, pour aucune raison, personne ne devrait manquer  au rendez-vous de la célébration de la nuit sainte où Dieu prend l’initiative non seulement d’être « don » mais en même temps, source de l’accueil du don pour la vie de l’homme. 

Douce et Sainte nuit de réconciliation en famille
et en Dieu  à tous et à chacun ! 
Bonne fête de Noël !  

Père Sémalon Bertrand KOHOUDE 



(1) Nous savons tous que la date du  25 Décembre visait une inculturation de la foi. 
(2) Comme on pourrait le penser si on adule certaines traditions de l’Inde et de l’Asie.
(3) Il s’agit du chant de Noël et du Credo du Nicée-Constantinople qu’il est obligatoire de prendre ce jour afin d’honorer  par une génuflexion ou une inclination profonde dans le silence d’adoration le nouveau-né, au moment où on prononce « et Homo factus est ».

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