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mardi 11 décembre 2018

Méditation du Père Léon pour cette deuxième semaine de l'Avent


« Jérusalem, quitte ta robe de tristesse ! »

C’est l’appel de Baruch en cette deuxième semaine de l’Avent. Une étape vers le Gaudete (Réjouissez-vous !) du dimanche prochain, et surtout vers la joie de la nuit qui verra se lever sur nous l’astre dont la vue a eu cet effet sur les mages : «ils se réjouirent d’une joie grande beaucoup» (Mt 2, 10). Ce cheminement, je voudrais nous proposer d’en faire non une fuite, mais une traversée, avec l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. 

Face à la froideur apparente de nos communautés célébrantes, il y a un rêve risqué : celui de la quête effrénée du tout joyeux et vivace. Car il peut enfanter une flatteuse superficialité. Nous venons aussi à la messe décharger sur le Seigneur les fardeaux de nos vies (Ps 55, 23 ; 1 Pierre 5, 7): réussite vite évaporée, échec dur et durable, maladie nous touchant ou étreignant des proches, perte ou instabilité d’un emploi précarisé, …etc. C’est avec tout cela que nous venons vers ce Dieu qui veut établir chez nous sa demeure. Les crèches que nous installons nous préparent à cette inhabitation de Dieu en nous et chez nous. Ainsi soit-il !

Pour entrer dans cette joie, je nous invite à l’école de ce que la sagesse biblique dit de la tristesse. Qohelet, l’homme de la vanité, garde son étiquette : «Mieux vaut aller à la maison du deuil qu'à la maison du banquet, puisque c'est la fin de tout homme; ainsi le vivant y réfléchira.» (Qo 7, 2). Et plus loin : «Le cœur du sage est dans la maison du deuil, le cœur des insensés, dans la maison de la joie» (7, 4). Il y aurait donc une sagesse dans la confrontation à la tristesse. Autrement dit, pour quitter la tristesse, le salut n’est pas dans la fuite, mais bien plus dans la traversée. Et c’est ce que nous indique Jésus qui, à l’approche de sa fin tragique, a confié à ses disciples : «Profondément triste est mon âme jusqu’à la mort. Demeurez ici et veillez avec moi» Mt 26, 38. Veiller est donc une issue dans le tunnel de ce qui peut attrister nos vies. Mieux, Il attire nos regards vers un être-avec au cœur des heures dures, vers un Etre-là, avec nous. Attention ! Le « Demeurez ici » ne saurait en aucun cas être compris comme un appel à demeurer dans le lieu ou la situation de la tristesse. 
Le livre de la Sagesse pointait déjà l’erreur qui consiste à réduire la vie à la tristesse ou à tomber dans les travers psychiques de valorisation de sa situation de souffrance au point de s’y identifier, d’en faire une "robe". «Car ils disent entre eux, dans leurs faux calculs "Courte et triste est notre vie; il n'y a pas de remède lors de la fin de l'homme et on ne connaît personne qui soit revenu de l'Hadès"» (Sg 2, 1). C’est une attitude qui manquerait de sens biblique. Une telle vision de la vie peut conduire à une résignation fataliste ou alors à une joie lumineusement triste parce que manquant de chair : « qu'aucune prairie ne soit exclue de notre orgie, laissons partout des signes de notre liesse, car telle est notre part, tel est notre lot!» (Sg 2, 9). Le livre de la Sagesse concluait déjà : « Ainsi raisonnent-ils, mais ils s'égarent, car leur malice les aveugle. » (Sg 2, 21). Et comme chrétiens, nous ne pouvons entendre « on ne connaît personne qui soit revenu de l'Hadès » sans proclamer avec St Paul : « Jésus Christ est mort, bien plus il est ressuscité, lui qui est à la droite de Dieu et qui intercède pour nous ! » (Rm 8, 34)

Au cœur de nos tristesses que personne ne peut pénétrer (même pas nous-mêmes parfois), au tréfonds des fou-rires dont la vie nous gratifie, accueillons Jésus, l’Hôte intérieur qui aime à faire les traversées avec nous. Sans faux-semblant et sans fuite, laissons-le nous rappeler «il y a un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour gémir, et un temps pour danser.» (Qo 3,4). Le temps pour le rire infini, le temps de la joie sans ombres sera à jamais devant nous. Ce qui nous appartient dans l’aujourd’hui, c’est de faire une option avec le Christ, celle de ne pas faire de nos tristesses, des robes, de ne pas nous y installer, mais de rester le Peuple de Dieu en marche, vers la joie grande, en acceptant de traverser nos tristesses. 
Fructueuse marche vers Noël !
Léon EDAYE


2 commentaires:

  1. «Profondément triste est mon âme jusqu’à la mort. Demeurez ici et veillez avec moi» Mt 26, 38. Veiller est donc une issue dans le tunnel de ce qui peut attrister nos vies. Mieux, Il attire nos regards vers un être-avec au cœur des heures dures, vers un Etre-là, avec nous".
    Au cœur de nos tristesses que personne ne peut pénétrer (même pas nous-mêmes parfois), au tréfonds des fou-rires dont la vie nous gratifie, accueillons Jésus, l’Hôte intérieur qui aime à faire les traversées avec nous.Ce qui nous appartient dans l’aujourd’hui, c’est de faire une option avec le Christ, celle de ne pas faire de nos tristesses, des robes, de ne pas nous y installer, mais de rester le Peuple de Dieu en marche, vers la joie grande, en acceptant de traverser nos tristesses".
    Trop souvent, nous nous enfermons dans notre tristesse, notre mal-être et nous perdons de vue l'Autre, celui qui nous est proche et dont le plus grand désir est d'habiter en nous. Je ne dis pas que tout est simple, qu'il suffit de prier et de dire "Seigneur, Seigneur". Mais, dans la tristesse, la souffrance, lieu de perdition par excellence, nous nous regardons nous-mêmes, nous nous regardons le nombril, nous oublions que d'autres sont là, à nos côtés, signes de la Présence du Seigneur pour chacun d'entre nous, même s'ils ne comprennent pas ou ne peuvent pas prendre sur eux une partie de notre douleur. Là, peut-être plus encore là que dans l'aisance, le Seigneur de la Vie se tient à nos côtés pour nous aider à traverser ce tunnel. Dans nos nuits, regardons, levons les yeux vers l'Etoile qui brille à l'Orient.
    Merci, Léon, de nous le rappeler.

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  2. Permettez-moi de reprendre des passages qui me touchent :

    "Face à la froideur apparente de nos communautés célébrantes, il y a un rêve risqué : celui de la quête effrénée du tout joyeux et vivace. Car il peut enfanter une flatteuse superficialité."
    "Autrement dit, pour quitter la tristesse, le salut n’est pas dans la fuite, mais bien plus dans la traversée"
    "Ce qui nous appartient dans l’aujourd’hui, c’est de faire une option avec le Christ, celle de ne pas faire de nos tristesses, des robes, de ne pas nous y installer, mais de rester le Peuple de Dieu en marche, vers la joie grande, en acceptant de traverser nos tristesses."

    Ouvrons nos coeurs pour vivre le temps présent AVEC le Christ et avançons ENSEMBLE pour l'accueillir à chaque instant dans la souffrance et dans la joie ! Merci Seigneur de nous offrir sans cesse Ton Amour !

    Grand merci Léon pour ta méditation et ta présence !

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