mardi 26 mai 2020

Réflexion post confinement : songes d'un printemps confiné

Souvent la crise est une opportunité de choix. La dimension de Dieu est complètement absente de cette période « covid »et l’Eglise entre parenthèses. 

Et après ? Les conjectures vont bon train, mais il n’y a pas de changement véritable qui ne vienne d’en haut, et la deuxième vague, économique cette fois, risque de capturer toutes les prévisions. L’Eglise, elle,  va enfin reprendre l’activité cultuelle. Ah il manque du monde, quelle stratégie adopter pour le faire revenir alors qu’ils n’étaient déjà pas si nombreux nos fidèles. Et les finances, quelle catastrophe etc…

Non, le cœur de l’Eglise doit se tourner vers les plaies qui saignent, vers les larmes qui coulent, libérer de la monstrueuse peur qui paralyse. Les familles ont été malmenées, les deuils empêchés, des anciens en Ehpad sont devenus inaccessibles. Les funérailles, au demeurant de grande qualité lorsqu’elles sont à l’église, ont souvent été occultées entre la chambre mortuaire et le funérarium. La douleur est comprimée. La mort est volée. La blessure gronde de colère bien souvent. Puis, les isolés vont sortir petit à petit, parfois apeurés ou hébétés, car la peur fait des ravages.

Oseras-tu, petite Eglise, planter la croix du Christ au centre du rond-point des âmes blessées et arborer ton gilet blanc de baptisée pour installer ton hôpital de campagne ?
Oseras-tu affirmer « l’Esprit saint et nous-mêmes » avons décidé de sortir de la chambre haute pour vous rencontrer?
Oseras-tu, petit reste, témoigner haut et fort que le Christ ressuscité est la seule grandeur de l’homme, le seul digne de foi. Tu es porteur de cette grandeur, qui d’autre que toi peut la confier à ceux qui se cherchent sans trouver dans ces tourbillons insensés, confinés dans la consommation et les vains loisirs d’une société devenue incompréhensible (Laudato Si) ?
Oseras-tu, Eglise de Dieu, te laisser humblement transformer par ces crises en ton sein, celle de tes frères abuseurs d’âmes et de corps, celle du sacerdoce confié par le Christ à de pauvres humains, celle de la foi du peuple saint, crises dont le « burn out »de Notre Dame de Paris semble être l’effigie, l’avertissement et le signal ?. Mais pour quoi ? Pour un effondrement, certes non, mais pour te purifier et aller à l’essentiel de ta mission : « Ainsi vous agirez bien et bon courage », car il en faut.
Oseras-tu, petit peuple parfois lassé et fatigué, te délester de tes plans, de tes calculs raisonnables à en mourir, au profit de la prière et la parole ? Ainsi, l’Esprit saint te guidera, te rendra ivre de reconnaissance envers ton Père des cieux qui t’a donné de vivre cette aventure au service du monde qui ne connait pas Dieu.  
Et le songe était comme celui de l’apôtre Paul : « Pendant la nuit, il eut une vision : un Macédonien debout lui faisant cette demande : passe en Macédoine et viens à notre secours » (Ac 16, 9). Courage, n’ayez pas peur.

+Edouard Ducamps

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